Dujardin comme... ?
Comme rien du tout. On oublie. On se concentre. Laissez-moi plutôt l'occasion de me présenter un peu. Alors voilà...
Il y a si peu de choses dont je pourrais parler avec fierté, si peu... Et pourtant, si tu es ici - tu me permets de te tutoyer - c'est bien parce que je sais parfois être un peu trop fière. Je m'explique. Et puis, je commence avec le début aussi. Je vais prendre le temps de me présenter.
Bonjour, je m'appelle Charlotte Dujardin (« bonjour Charlotte » dis-tu en ton for intérieur, en cœur avec le mien) mais je ne suis ni championne d'équitation, ni fille ou cousine issue de germain d'un certain acteur. Je suis juste une petite auteure autoéditée et je souris comme une malade en écrivant ces deux petits mots. Alors, « petite » pas seulement parce que je ne suis pas très grande. C'est surtout parce que je débute et que je tâtonne. Pas dans l'écriture. J'ai appris à écrire au CP, comme beaucoup d'enfants. Pas dans les histoires, j'en raconte depuis si longtemps ! Mais dans le partage des histoires que j'ai écrites. Je te saurais grée de ton indulgence.
Je ne vais pas commencer par te mentir. Je ne vais pas te dire que je rêve d'être écrivain d'aussi loin que je m'en souvienne et que lorsque toutes les petites filles voulaient être des princesses, moi, je voulais seulement être celle qui raconterait leur histoire. Moi aussi j'ai voulu porter des robes à jupons de trois mètres de diamètres, des diadèmes en argent dans les cheveux, des colliers de perles et porter un chignon extravagant. Mais bon... j'ai aussi voulu passer ma vie à me répéter face à des gens qui ne m'écoutent pas (j'ai fantasmé le métier d'enseignante...). On ne fait pas forcément que des bons choix petits, alors non, je ne suis pas née avec l'idée d'être écrivain. Par contre, c'est bien un rêve de gamine – puisqu'à huit ans on est encore un enfant, n'est-ce pas ? Je pense que c'est à l'âge auquel ce rêve est né – et a germé depuis – dans mon esprit et mon cœur. Je me souviens de ma toute première histoire. Ça s'appelait Les mains rouges (un vrai titre mais on devait imaginer toute l'histoire à partir de ces trois simples mots). J'en étais extrêmement fière mais c'était mauvais... Enfin, c'était aussi bon qu'un récit coécrit par une enfant de huit ans et un enfant de neuf peut l'être. Mais j'étais tellement contente d'être l'auteure (la coauteure, pardon) d'une histoire que personne d'autre n'avait imaginé ! Je me souviens de la fierté que j'ai ressentie et du bonheur indescriptible de présenter cette histoire à mes camarades. Je me souviens de cette sensation étrange de mon premier « c'est pas grave » vraiment pensé quand j'ai appris que mon histoire était à mille lieux de celle réellement racontée par l'auteur des mains rouges. Ah oui... Si on ne sait pas que je pouvais me vexer à mort de ne pas avoir raison, à l'époque, ça a moins d'impact, c'est sûr ! En tout cas, je me souviens vraiment de ces sensations. Ce ne sont pas des mots en l'air. Il y a des choses qui vous marquent, celles-ci en sont. Depuis ce jour, j'ai continué à écrire et à être fière de moi. La seule chose qui me rendait fière de moi, avec les maths... Puis les maths ont arrêté de me donner confiance en moi, l'écriture continue encore.
J'ai longtemps gardé tout ce que j'ai écrit pour moi jusqu'à ce que j'ose faire lire mes récits. On me disait être douée, j'étais contente bien sûr, je n'étais ni une enfant ni une adolescente ingrate mais ce que j'ai voulu savoir c'est si j'arrivais à faire rêver. C'était la seule chose qui comptait. C'est toujours la seule chose qui compte. Si j'écris c'est parce que ça me soulage, oui, parce que ça me plaît, évidemment (douce torture parfois) mais c'est aussi et surtout parce que je veux être capable de rendre ce que les livres m'ont toujours offert : du rêve, de l'espoir et de l'évasion.
Tu me diras si ça marche. En attendant, je suis fière, tu ne sais même pas combien.